les survivances du passé au Burkina Faso

Conférence d’ Hamidou Tamboura,
donnée au “Burkina Faso Forum”  à Cagnes sur Mer (06), le 19 Septembre 2009

« Les survivances du passé dans le Burkina Faso d’aujourd’hui »

Introduction
L’histoire du Burkina Faso actuel est pour le moins mouvementée, allant de l’installation progressive des différents groupes sociaux en présence, à l’Etat actuel, en passant bien entendu par la formation de la colonie de l’Afrique Occidentale Française, puis de la compartimentation de l’ensemble nommé Haut-Sénégal et Niger et la création-suppression-reconstitution de l’ancienne Haute-Volta. En effet, la colonie de la Haute-Volta a été créée en 1919, puis supprimée en 1932 avant d’être reconstituée en 1947. Le pays accède à l’indépendance le 5 août 1960 avant de devenir le Burkina Faso en 1984.
Ce qu’il faut dire également, c’est que l’histoire du Burkina Faso - malgré des difficultés évidentes liées aux sources - a un assez large éventail bibliographique fait aussi bien par des universitaires, historiens nationaux et étrangers, que des diplomates. C’est ainsi par exemple que l’actuel Consul honoraire du Burkina à Nice, Marc Aicardi de Saint-Paul a écrit en 1997, un livre intitulé : « De la Haute-Volta au Burkina Faso ».
Le Burkina Faso a été touché par la colonisation et n’échappe pas au choc de la mondialisation de nos jours. Pourtant, une observation, même superficielle, montre que certaines traditions sont restées vivantes. Afin d’apporter une vision différentielle voire une contribution personnelle acquise dans mes origines et dans mes études en Histoire, j’ai délibérément orienté le thème de cette conférence comme suit : « Les survivances du passé dans le Burkina Faso d’aujourd’hui ». Il s’agit ici de partir de l’état actuel vers un passé lointain, plus ou moins lointain, voire présent. La grande question est celle des héritages de nos sociétés contemporaines. Il s’impose alors de se poser la question à savoir : de quelle manière la société actuelle se fonde-t-elle sur son passé en tant que base de son fonctionnement et de sa stabilité ?
Trois points majeurs constituent les articulations de cette intervention à travers cet héritage : il s’agit d’influences politiques, sociétales et culturelles.

I-Traditions et politique
A- Les entités régionales
Au Burkina Faso, il y a une survivance des reconnaissances régionales, tout comme en France où on remarque également la présence des provinces de l’Ancien Régime (avant 1789). Les noms « Alpes », « Provence » et bien d’autres en sont les traces évidentes. Au Burkina, on distingue le « Sahel » comme étant la résidence des Peuls et, « aller à l’Est » peut vouloir dire « aller chez les Gourmantché ». De même, l’Ouest du pays est parfois désigné comme étant « chez les Bobo », ou encore le « plateau mosse » désigne l’aire d’occupation originelle de ce groupe, le centre du Pays.
Il en va de même pour les villes.
B- Le semis urbain et la toponymie
Les villes portent les anciens noms, ceux des chefs lieux d’entités administratives ou capitales d’entités politiques. Le nom des villes reste donc celui donné par leurs créateurs, avec parfois des modifications superficielles dans l’écriture et dans la prononciation. Ouagadougou par exemple, originellement « Wogdodo » puis « Wogodogo » signifie en Moré « Respectez-nous ». Dans le même registre, Bobo Dioulasso signifie « le pays des Bobo et des Dioula » deux groupes sociaux voisins.
Au-delà des villes, il y a un intérêt et un sens à traiter de la toponymie pour comprendre l’Histoire. Au niveau national, la nomination de « Haute-Volta » est vue à un moment donné de l’histoire comme une référence coloniale française. Le « Burkina Faso » vient ainsi d’un déterminisme hautement politique, créé sur la base des trois langues les plus parlées dans le pays : « Burkina » vient du terme « Bourkindi », c’est-à-dire dignité ou intégrité, dans la langue Moré, tandis que « Faso » est tiré du Dioula ; enfin, « Burkinabè » vient de la langue peuhle.
Il faut cependant souligner que le Burkina Faso n’est pas un cas isolé dans ce cas de figure. Le « Soudan français » n’est-il pas devenu le « Mali » en référence à l’un des tout premiers et des plus brillants empires ouest-africains, dont la constitution s’est faite à la victoire de Soundiata Kéita dans la plaine de Kouroukanfougan en 1235 ? La référence à un passé glorieux ou voulu tel existe également au niveau individuel : dans son combat pour l’indépendance de la Guinée Konakry, Sékou Bangoura (de son vrai nom) ne s’est-il pas fait appelé Sékou Touré à l’image du résistant Samori (déporté puis mort au Gabon à la fin du XIXème siècle) ?
Si Brazzaville porte toujours son nom (tiré de celui de l’explorateur Savorgnan né à Rome et descendant d’une vieille famille vénitienne et pas encore Français) ; Kinshasha, anciennement Léopoldville (en référence à Léopold II le roi des Belges) a changé de nom entre-temps.
Il se dégage comme un recourt à la politique et à l’organisation antérieure à l’époque coloniale.
Au Burkina, plus visible encore est l’existence et la transmission du pouvoir traditionnel local et du prestige qu’il comporte.
C- La place des chefferies traditionnelles
Il y a une continuité dans l’histoire des pouvoirs traditionnels, à travers les familles royales et l’intronisation dynastique « à l’ancienne ». C’est le cas à Ouagadougou, à Ouahigouya (jadis capitales de puissants royaumes), c’est aussi le cas ailleurs dans le pays. Une des survivances les plus remarquables dans la perpétuation des péripéties du pouvoir traditionnel en pays mossi est sans conteste le rituel du « faux départ du Moogho-Naaba », chaque vendredi. Ce cérémonial mémorial porte en lui le souvenir de la scission politique entre les royaumes d’Oubritinga (dont la capitale demeure Ouagadougou) et du Yatenga (Ouahigouya), ainsi que le transfert des sources de la légitimité du pouvoir royal moaga.
La présence des rois dans les anciens royaumes, le Numbado à Fada N’Gourma, les émirats à Djibo et Dori (anciennement Djelgodji et Liptako) et bien d’autres structures à connotation traditionnelle sont bien la preuve vivante de la pérennisation du pouvoir local traditionnel, de nos jours. Les cérémonies des naissances, des successions et des funérailles ont conservé leur calendrier historique, avec un déroulement volontairement voulu « comme avant », avec pour empreintes principales « prestige » et « popularité ».
Il y a, véritablement, parfois des interférences, souvent un lien étroit entre pouvoir moderne et pouvoir traditionnel, d’autant plus que le chef traditionnel est souvent également un élu local, maire ou député, cela s’expliquant par leur accessibilité à la scolarité dès les premiers moments
de l’implantation de l’école occidentale dans la période coloniale, entre autres. Le chef local au Burkina est un symbole, une liaison parfois incontournable entre deux mondes, celui se référant au passé et celui incarnant le présent et l’orientation futur. Du fait qu’il soit écouté par un grand nombre de ses concitoyens, il est un grand rassembleur. Il incarne également un certain pouvoir moral et arbitral, d’où le respect des pouvoirs modernes à son égard. Il est de bon ton par exemple qu’un fonctionnaire d’état, affecté dans une nouvelle localité parte se présenter au chef du village.
Ce sentiment de l’utilité et du prestige des pouvoir traditionnels est réel et se vérifie à plusieurs niveaux : lors de leurs tournées dans les différentes régions du pays pour la collecte des sources de l’histoire nationale, les archivistes du Centre National des Archives du Burkina utilisent une stratégie fructueuse. En effet, à chaque étape, ils prennent rendez-vous avec le chef local qu’ils rencontrent et qui, souvent les oriente ou leur fait accéder à des archives inédites. Un constat alors s’impose : le pouvoir traditionnel devient le détenteur des preuves du passé.

II-Une société fortement marquée par le passé
A- L’importance de la structure familiale
La société burkinabè reste fortement imprégnée de ruralité, et, malgré l’urbanisation galopante ou plutôt l’expansion considérable des villes, des liens très forts unissent citadins et ruraux. On pourrait même dire que la campagne est au bord de la ville si ce n’est plus loin encore, car très souvent entend-on dire sans doute que : « Celui qui est en ville a toujours quelqu’un au village ». L’exode rural vient amplifier ce sentiment par les vagues de travailleurs temporaires qui passent un moment en ville et le reste du temps au village.
Il faut souligner également que la périphérie des villes constitue souvent de véritables transplantations de la vie et des habitudes rurales, surtout les zones dites « non loties ». Une étude anthropologique des mentalités y trouverait sans aucun doute matière à étudier, il en va ainsi de la complexe perception des rapports homme-femme.
B- Les rapports homme-femme
L’implication de la société dans l’orientation de la vie de l’individu et dans sa place au sein de son groupe d’appartenance n’est pas propre à la société étudiée ici, il s’agit d’un phénomène présent partout, plus ou moins plausible, plus ou moins inhérent à tout groupe social. Le statut de marié(e) confère une situation sociale importante. Traditionnellement, l’homme apporte de quoi faire bouillir la marmite, la femme étant la trésorière familiale et la conseillère dans les projets à entreprendre. Elle est aussi ménagère, mère nourricière et conservatrice des usages culinaires ancestraux.
Le mariage « traditionnel » n’implique pas la seule personne des deux conjoints, mais bien plus. Le mariage y est un lien entre familles tout d’abord, un pont entre communautés et même parfois entre deux villages. Le déroulement, la continuité et les difficultés sont gérés de façon communautaire par un groupe social et non par deux individus, avec tous les avantages et les inconvénients que cela comporte.
On court un risque de tomber dans la généralité si l’on ne tient pas compte du fait qu’il se dégage des spécificités propres à chaque groupe social. Les rapports ci-dessus brièvement décrits, restent plus visibles au village qu’en milieu urbain. Toutefois, dans certains cas, les pratiques de transmission et de retransmission des savoirs et des comportements survivent et s’adaptent à la « modernité ».
C- L’initiation des jeunes
Jusque dans les années 1930, une partie des groupes du Sud-ouest a résisté et n’a pas été conquise par les coloniaux ; cet ensemble, Michel Izard l’a nommé le « Rameau Lobi ». Dans cette partie du territoire mieux qu’ailleurs, le fonctionnement social traditionnel est resté marquant. Il y subsiste les rites d’initiation qui sont le passage de l’adolescence à l’âge adulte. La cérémonie du « Djoro » est une formation initiatique, par laquelle les jeunes apprennent auprès des plus vieux, des initiés, la nature et les codes sociaux.
Dans l’ensemble, dans un passé plus ou moins lointain, la pratique de l’excision et/ou la circoncision se faisait dans plusieurs formations sociopolitiques. Le combat acharné des pouvoirs publics a sensiblement réduit la pratique de l’excision, avec l’implication directe des femmes, et la facilitation en matière de l’éducation des jeunes filles. La circoncision, quant à elle, se modernise.
Il est certain que si en dehors du Djoro, la manifestation initiatique n’est plus courante, des pratiques plus ou moins vivantes et inédites de transmission du savoir ancestral se font de nos jours, parfois dans le cadre familial. Il y a comme un choix de conservatisme social et filial permettant la survivance des traditions. Le changement qui est conséquent de la rencontre entre modernité et traditions a pour moyen le bouleversement lié à la notion de la survie. Dans le passé en effet, avoir beaucoup d’enfants était gage de prospérité et de respectabilité, car plus d’enfants assurait sans doute autant de bras valides pour travailler aux champs et soutenir les parents dans un monde à grande connotation agricultrice. De nos jours cela a non seulement changé au vu des récoltes de moins en moins abondantes, mais aussi et surtout la volonté d’éduquer et de scolariser les enfants en impose un nombre réduit pour mieux supporter les dépenses à faire

III-Les héritages culturels
A- La question des langues
Le Burkina Faso est un véritable vivier de langues, plus d’une soixantaine qui rythme la vie quotidienne des populations. Ces langues ne sont guère un frein à l’unité mais au contraire une richesse qui assure et consolide l’unité nationale. Je disais plus haut que la terminologie de « Burkina Faso » et de « Burkinabè » s’était faite à travers les trois langues nationales les plus parlées. Par un système d’équilibre et de rencontres, ces véhicules des échanges constituent des liens et des liants dans les rapports sociaux.
La langue administrative et scolaire reste le Français, dont des sondages et blogs laissent voir qu’il est parlé par environ 20% de la population nationale. Il existe des projets et quelques réalisations des écoles bilingues (Français-langues nationales). Dans le système classique des écoles et des universités, l’étude des langues vivantes comme l’Anglais, l’Allemand, et l’Arabe assurent une ouverture supplémentaire au monde.
B- Architecture, Arts et folklore
L’architecture traditionnelle au Burkina est multiforme, composant cases rondes ou carrées, et de huttes. Cases et huttes sont véritablement des symboles des peuples, avec des particularismes souvent internes, parfois externes liés au fonctionnement spécifique de chacun. Cette architecture loin d’être simple est stratégique, suivant la sécurité ou non de l’environnement, au mode sédentaire ou nomade (à l’origine de sa création).
Des réalisations remarquables peuvent se constater chez les Lobi en matière de protection contre l’envahisseur quel qu’il fut, en adaptant un système de pièges et de labyrinthes inaccessible, difficilement prenable.
Chez les Gourounsi, l’aspect décoratif des maisons relève d’un savoir artistique ancestral comportant des codes et souvent détenu par les femmes décoratrices.
En sculpture, il y a une continuité de la fabrication des masques d’initiation aux fins des libations pour les Esprits. Cette production originale et savante est à distinguer d’une autre fabrication parallèle destinée aux touristes. Le rituel de détection du bon arbre à couper, le prélèvement et le moment auquel il faut s’y rendre sont autant de contraintes et de règles auxquelles se plie le sculpteur afin d’être en accord avec la nature, les Esprits et Dieu.
Il y a une perpétuation des danses et musiques traditionnelles, qui apparaissent à certains moments de la vie quotidienne des groupes. La danse de la mort est ritualisée selon que les groupes sont plus ou moins conservés, plus ou moins traditionnels.
Les costumes et les parures sont autant de styles conservés, autant d’éléments identitaires racontant pour qui sait les lire, des moments importants de l’histoire des peuples en question. Ainsi, bijoux, bracelets et ornements des coiffures permettent d’un simple coup d’oeil de savoir l’appartenance d’un individu et parfois son rang social. La décoration des coiffures et des vêtements avec des coquillages venus des Iles Maldives en l’occurrence les cauris est un élément particulier en matière de mode. La présence même des cauris est intéressante, ils sont d’abord et avant tout utilisés comme monnaie (apparemment d’abord en Chine vers 1600 Avant Jésus-Christ) introduite par le commerce arabe et européen, ils sont devenus par la suite des objets de décoration. Un autre usage des cauris, non moins important consiste pour les voyants et les féticheurs, d’y lire l’avenir ou d’interroger les Esprits sur tel ou tel problème.
C- Les religions : entre choc et syncrétisme ?
La question peut se poser ainsi que souligne le titre. L’histoire des religions est en général une question de polémiques continuelles.
Pour ce qui est du Burkina, aux religions traditionnelles originelles, viennent successivement se greffer d’autres croyances plus ou moins nouvelles : l’Islam et le Christianisme. Le premier arrive dans l’Ouest-africain entre les IXème et XIème siècles par l’Afrique du Nord, à travers les routes de commerce du Sahara. Les sources écrites arabes sont parmi les premières de l’histoire du Burkina Faso.
A la fin du XIXème siècle, accompagnant la conquête coloniale et les « actions civilisatrices » de l’Occident, le Catholicisme se diffuse en Afrique de l’Ouest et arrive au Burkina actuel. La première phase est la création des séminaires, véritables assises de l’organisation administrative coloniale d’où sortirent les premières élites de l’Afrique indépendante, comme Léopold Sédar Senghor mais aussi Maurice Yaméogo (sorti du Petit séminaire de Pabré) et bien d’autres. Les installations les plus anciennes des missions chrétiennes en Haute-Volta dates des années 1900-1901 à Koupéla.
Officiellement les religions traditionnelles concernent environ 30% de la population, contre 60% de Musulmans, il est très complexe de prétendre à l’exhaustivité quant aux statistiques réelles qu’il convient de renouveler fréquemment.
Croyants dans les traditions religieuses ancestrales, musulmanes, chrétiennes ou autres, les Burkinabè font preuve d’une tolérance et d’une complicité remarquables. Une sorte de compromis renforce la cohésion sociale. Ainsi, certaines familles sont composées de personnes aux croyances différentes, aussi, la religion n’est-elle point une barrière aux
liaisons et mariages entre individus. Ce pacifisme religieux n’est toutefois pas à confondre à un quelconque relâchement de la religiosité. Il y a une véritable capacité des populations à réguler avec équilibre la relation avec l’autre et la vision de la notion de Dieu.
Ce dernier mot, contrairement à ce qu’on pense s’est toujours prononcé au singulier dans les langues locales, signifiant au passage la singularité d’un seul et une différence avec les ancêtres (qui sont en réalité un moyen d’atteindre Dieu, des transmetteurs de messages). On pose ici la question du monothéisme-polythéisme quand une certaine littérature a toujours prévalu, qui considérait que : « Les Africains adorent leurs ancêtres et sont polythéistes. » La question est bien plus complexe qu’elle ne l’est en apparence.
Une autre confusion est née et entretenue autour de la signification de « tradi-praticien » et « marabout ». Le premier est un connaisseur issu des arènes de l’initiation, homme ou femme de foi, connaisseur en matière de la nature et des recettes de soins souvent héritées des générations passées, les populations se tournent vers lui. En plus du fait que son paiement est symbolique (une noix de cola, une motte de terre) donc moins cher, certains, désespérés de n’avoir retrouvé la guérison dans la médecine moderne viennent à lui.
Le marabout est une nouveauté, du moins par rapport au guérisseur traditionnel. Il est la rencontre des usages de l’Islam et des religions traditionnelles, peut prescrire des écorces de tel ou tel arbre, tout en y ajoutant l’écriture des versets de l’Islam sur des feuillets pour rechercher la guérison de son client. Il est en revanche plus cher que le guérisseur traditionnel, vit plus en ville et a une clientèle bien différente. On peut même dire que le guérisseur traditionnel vit au village, parfois en campagne, on vient à lui ; tandis que le marabout lui, vit souvent en ville, vient aux clients.

Conclusion générale
On peut bien voir que, à travers les diverses facettes ainsi expliquées (la politique, la culture et la société), la survivance voire même la quotidienneté des pratiques anciennes s’imposent dans la société étudiée. Le présent, pour se stabiliser, fait appel à tout moment au passé qui, lui n’est pas forcément passé, n’est pas vu comme dépassé et ringard, mais plutôt comme une richesse sans laquelle le présent n’est plus tout à fait le présent et dont il faut absolument s’accommoder.
La présence du passé ainsi vue, se constate certes plus en campagne, au village plus qu’en ville pour des raisons évidentes. Néanmoins, la conscience de l’appartenance à un certain passé reste gravée dans la mentalité de tous, quel que soit le lieu de résidence et le niveau d’appréhension des choses.
Il est judicieux de dire que le Burkina Faso d’aujourd’hui est une terre de traditions fortes et de grands efforts de modernisation, et que, en fin de compte, la campagne reste, malgré l’expansion de plus en plus soutenue des centres urbains, le réservoir identitaire par excellence.

Hamidou Tamboura, Doctorant en Anthropologie, Université de Nice-Sophia Antipolis

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Un commentaire pour “les survivances du passé au Burkina Faso”

  1. Woamba dit :

    C’est sur que le passé reste encré dans la vie de tous les jours. Même en ville, les gens se rattachent à leurs passé et c’est tout à fait normal. Sans notre passé, nous ne sommes rien.


"Avec nos plumes marteaux-piqueurs avec nos mains sandales de fête nous graverons sur la terre ferme nos mots de feu." Tanella Boni
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